Le blocage du détroit d'Ormuz a des répercussions qui dépasse les simples hydrocarbures. Car un autre problème commence à sérieusement se poser : l'hélium.

© Wiki Commons
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Le Moyen-Orient est une région critique pour le reste du monde à cause de son rôle premier dans la production d'hydrocarbures. Mais d'autres produits essentielles transitent par le détroits d'Ormuz, que ce soit les engrais azotés (ammonitrates, urée), ou bien encore l'hélium. Pour ce dernier, des officiels de Corée du Sud avaient déjà tiré la sonnette d'alarme. Mais évidemment, en vain, comme on peut le voir actuellement. Et le marché commence à souffrir de ce côté !

L'économie commence à manquer d'helium à cause du blocage de la production du Qatar

L'hélium est un élément important pour de nombreux secteurs de l'économie. Mais malheureusement, c'est aussi un gaz qui est produit majoritairement par quelques acteurs seulement.

Les États-Unis sont le premier producteur mondial de ce gaz (environ 41% de la production en 2025), suivi juste derrière… par le Qatar (environ 33%). Un acteur gigantesque du secteur, qui ne peut plus livrer son gaz depuis que l'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, en représailles des attaques américano-israéliennes. Et au bout d'un mois, le marché commence à parler de pénurie.

Reuters fait ainsi écho d'un officiel français de Air Liquide, qui a alerté cette semaine sur une pénurie possible à court-terme (pour le moment). D'autres patrons ont aussi indiqué à l'agence que l'absence d'approvisionnement venant du Qatar se faisait dorénavant ressentir dans la chaîne d'approvisionnement mondial.

Une catastrophe à venir pour le secteur des semi-conducteurs ?

Il faut dire que l'hélium est un élément extrêmement important dans des secteurs aussi divers que l'aérospatiale, ou même le fonctionnement des machines à IRM (l'hélium liquide servant à refroidir les aimants supraconducteurs). Surtout, l'hélium est un élément majeur pour le secteur des semi-conducteurs. Il est utilisé autant pour refroidir les wafers, que, en tant que gaz inerte, afin de protéger des matériaux sensibles contre l'oxydation.

Il faut noter qu'il existe assez peu d'alternatives au Qatar, les États-Unis mis à part. Derrière ces deux mastodontes, on retrouve en numéro 3 la Russie, toujours grevée de sanctions, puis l'Algérie à la quatrième position. La Corée du Sud et Taïwan, les deux principaux pays pour la production de puces, ont sur le papier des stocks stratégiques équivalant à quelques mois. Ce qui signifie que, si un cessez-le-feu ne venait pas prochainement à être annoncé, le marché pourrait commencer à se resserrer. Et même en cas d'arrêt des hostilités, il faudra connaître l'étendue des dégâts sur les infrastructures du Qatar afin de jauger de sa capacité de production en 2026.

Source : Reuters